Dessin de Colm

La réforme dite de la formation des enseignants continue d’avancer à marche forcée. Si le ministre Blanquer concède que les maquettes de M1 puissent être rectifiées jusqu’en septembre 2021, il confirme, avec la ministre Vidal, lors de l’inauguration en grande pompe le 30 janvier du « comité de suivi INSPE » une modification radicale des concours.

Savoirs disciplinaires ou entretien d’embauche ?
Une seule des deux épreuves écrites pour les CAPES comme pour les autres concours (CAPEPS, CAPLP) serait disciplinaire, alors même que le coefficient des épreuves écrites d’admissibilité est encore réduit (1/3, contre 40 % actuellement). La deuxième des deux épreuves orales s’apparente toujours à un entretien d’embauche où seraient testées la « motivation » du candidat et son adéquation aux attentes de l’institution.

Des étudiants, contractuels et « bouche-trous »
Les ministres décident un rythme rapide d’application de cette réforme avec de lourdes conséquences pour les futurs personnels, aujourd’hui étudiants :
– Entrée en vigueur de la réforme dès 2020–21.
– Stages tout au long du M1.
– Passage des épreuves d’admissibilité et d’admission du concours en 2ème semestre de M2.
– Embauche des étudiants préparant les concours comme contractuels à tiers-temps pendant leur année de M2.
– Report de l’année de fonctionnaire stagiaire après le M2, les enseignants fonctionnaires stagiaires (post M2) étant à 100 % de temps d’enseignement.

Comme les M2 (sous-payés), les M1 (non payés) pourront être utilisés pour faire face aux besoins de remplacement.
Et le ministre d’oser avancer, le 30 janvier, que son souci est le « bien-être au travail », la « revalorisation » très forte des professeurs, et l’attractivité des concours, avec des INSPE qui doivent être « les meilleures écoles de préparation au professorat au monde. » Tout cela en application de la loi de l’ « École de la confiance » et de la retraite universelle par points… FO n’est pas dupe ! […]

Pour lire la suite du communiqué FNEC du 4 février…

En novembre le ministère de l’Éducation nationale, en concertation avec le ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche, avait annoncé une réforme des concours et partant des masters MEEF qui avaient des conséquences ravageuses pour les étudiants, pour le concours et pour le statut. Le projet prévoyait en effet la contractualisation des étudiants en M1 comme en M2, étudiants qui auraient été utilisables comme moyens de remplacement. Il annonçait aussi la réduction drastique des épreuves disciplinaires et la mise en place d’un véritable entretien d’embauche lors du concours (qu’il prévoyait de placer en fin de M2). En outre, il étranglait l’accès aux masters MEEF par la limitation du nombre de contrats et plaçait les aspirants professeurs dans une situation de période d’essai pendant trois ans. Il programmait ainsi le tarissement du recrutement statutaire en même temps que la précarisation et la contractualisation.

Il accompagnait ainsi la loi de transformation de la fonction publique et le projet de réforme des retraites qui, supprimant le Code des pensions, présage la disparition du statut général de la fonction publique comme des statuts particuliers de corps.

La mobilisation a été unanime contre ce projet de réforme des concours d’enseignement : de très nombreuses motions ont été émises par des départements, des UFR, des INSPÉ, des sociétés savantes de l’enseignement supérieur comme de l’enseignement secondaire, critiquant tout ou partie de ce projet. Avec sa fédération, la FNEC-FP FO, FO ESR avait porté au ministère les critiques énoncées ci-dessus et demandé l’abandon de cette réforme.

Le ministre de l’Éducation Nationale vient d’annoncer le report d’un an de cette réforme […].

Pour le lire le communiqué en intégralité.