Le ministre de la culture Frank Riester a indiqué : « Avec mon collègue Blanquer ministre de l’Education, je présiderai dès demain un Conseil de l’Education Artistique et Culturelle. Nous allons créer une plateforme pour que les artistes puissent aller le plus possible au contact avec les élèves, ça c’est vrai jusqu’à fin mai mais également cet été… A partir du 11 mai, nous allons rouvrir les écoles de façon différente de ce qui était le cas précédemment ; saisissons cette opportunité unique pour développer l’éducation artistique et culturelle. »

Ces propos font suite à l’annonce de la « prolongation » de 12 mois des droits à l’assurance chômage pour les salariés intermittents. Ils s’inscrivent également dans les intentions du Ministre Blanquer, à l’occasion de la réouverture des écoles.

Le gouvernement veut-il transformer les artistes et les enseignants en animateurs pour la garderie de Blanquer ?

Blanquer utilise la crise sanitaire pour inventer « un nouveau système. » A travers des plans de réouverture négociés par les collectivités territoriales, à travers les consignes différentes d’un département à l’autre, parfois d’une école à l’autre, il ressort de manière évidente que le gouvernement cherche à transformer, de façon pérenne, l’école en garderie : explosion du groupe classe et du cadre national, mise en place d’activités diverses en lieu et place des cours, à l’école ou sur internet, selon les moyens du bord et les décisions locales. Ce n’est pas
cela l’école publique. Ce n’est pas la mission de ses personnels, qui est d’instruire.

Les milliers de parents et enseignants mobilisés ont raison de refuser les conditions de reprise qu’on veut leur imposer et de défendre une école qui dispense un savoir plutôt qu’un gardiennage.

Confronté à ce refus, le gouvernement tente d’utiliser les milliers de salariés intermittents bientôt affamés pour les contraindre à être supplétifs de la garderie mise en place par Blanquer, quoiqu’il en coûte de leur santé, de celle des enfants et de leurs familles.
Et comme les artistes ont la fâcheuse tendance à vouloir créer, et les enseignants à vouloir enseigner, le ministre de la Culture évoque un « pacte de confiance ». S’agit-il de conditionner les 12 mois supplémentaires d’’assurance chômage à l’acceptation de ces nouvelles missions, déguisées en « éducation artistique et culturelle » ?

Ce serait pour le gouvernement le double jackpot : se débarrasser des enseignants qui instruisent et des artistes qui créent.

  • Les salariés intermittents, les personnels de l’Education nationale refusent ce marché de dupes. Ils ne sont pas les supplétifs du « système Blanquer » qui consiste à transformer l’école en garderie municipale.
  • Ils exigent les moyens immédiats matériels et sanitaires pour reprendre le travail : des protections efficaces, des masques FFP, des tests systématiques !
  • Pour les salariés intermittents du spectacle, les 12 mois supplémentaires ne sont que juste réparation qui ne peut souffrir aucune condition !

Lien vers la pétition « La création doit vivre et nous avec ! » soutenue par le SNLA-FO.

Lien vers la pétition FNEC FP-FO pour un dépistage systématique, et tous les moyens de protection nécessaires !

Pour consulter ce communiqué du 9 mai en version PDF…

Dessin de Colm

Les professeurs des collèges, des lycées et des écoles seraient-ils dotés d’une constitution particulière qui les dispense de toute protection ?

C’est pourtant ce qui ressort du protocole de déconfinement dévoilé par le ministère.
En effet, les enseignants ne sont pas gens ordinaires, ils peuvent se réunir avec 15 élèves dans une salle alors que sont interdits, même à l’extérieur, les rassemblements à plus de 10 personnes ! Selon le protocole élaboré par le ministère, ils n’ont besoin de masques qu’à l’entrée en classe ! Une fois dans la salle avec les 15 élèves, sans doute asymptomatiques, ils ont le pouvoir de repousser toute attaque virale en faisant cours sans masque !
Trop forts les profs !

Pas besoin de tests de dépistage non plus pour les personnels, ce n’est pas prévu. C’est certainement parce que le ministère part du principe que tous les personnels des collèges et des lycées sont immunisés et que ce serait inutile de leur en faire bénéficier. Ils sont également bien plus immunisés que les personnels de l’enseignement des autres pays européens puisqu’en Espagne, en Italie ou en Angleterre, le nombre de décès ne diminuant pas plus
qu’en France, la rentrée est pourtant reportée au mois de septembre.

Autre découverte de ce protocole sanitaire de déconfinement, les enfants d’enseignants sont particulièrement résistants au COVID-19 puisque le dispositif ministériel prévoit qu’ils seront scolarisés prioritairement pour que leurs parents puissent aller affronter le virus dans leur établissement. Parents et enfants seront donc doublement exposés. Les enseignants sont placés en première ligne face au COVID, et ce que l’on ne savait pas c’est que leurs enfants allaient les accompagner au front. C’est sûr, nous sommes guidés par de grands stratèges !

Partout la colère est immense

Les personnels sont en colère, car ce que révèle le protocole, c’est que les moyens de protection ne pourront pas être fournis en nombre suffisant. Les tests n’auront pas lieu. La sécurité des enfants et des personnels ne pourra pas être garantie. Alors que les médecins et les personnels hospitaliers alertent sur le risque d’une deuxième vague de contamination encore plus grave, le ministre demande aux enseignants d’être en première ligne et même d’exposer leurs propres enfants à des risques de contamination.

Tout se passe comme si le ministre voulait faire croire aux enseignants qu’ils n’ont plus de droits. Ne restez pas isolé‑e, contactez le SNFOLC63, il vous aidera à faire respecter vos droits.

Partout l’incompréhension

Dans la mesure où le gouvernement a transféré la responsabilité de la reprise des cours sur les collectivités locales, les maires et les chefs d’établissement, sans leur permettre d’assurer la sécurité des personnels et des élèves, au lieu de rassurer et d’engager les maires dans le déconfinement, la publication de ce protocole, a eu pour effet de multiplier les décisions de maires avec leur conseil municipal de ne pas ouvrir leur école à partir du 11 mai. Le syndicat ID-FO des chefs d’établissement demande le report de la rentrée scolaire au mois de septembre. Le président de la région Normandie vient d’annoncer qu’il ne rouvrira pas les lycées avant les grandes vacances. Les maires d’Île-de-France dénoncent un calendrier « intenable et irréaliste » et demandent le report de la reprise dans les établissements scolaires. Tous s’accordent à dire que la volonté de rouvrir les établissements scolaires est prématurée.

Partout le rejet

Malgré le confinement, les collègues se réunissent en visioconférence, en classe virtuelle, etc. pour prendre position contre ces mesures de mise en danger des personnels. Les réunions sont
nombreuses et les participants refusent de mettre leur vie, celle de leurs enfants et de leurs proches en péril pour servir de garderie au MEDEF.

Partout dans les prises de position, les mêmes exigence sont posées : pas de reprise sans dépistage systématique, sans matériel de protection adapté et homologué, sans garantie absolue de sécurité. Les personnels constatent qu’il n’y a aucune urgence, ni pédagogique, ni sanitaire, à reprendre le 11 mai, le 18 mai et même début juin.

Le SNFOLC 63 invite les personnels à multiplier les réunions et les prises de position avant le 11 mai.

Le SNFOLC 63, avec sa fédération la FNEC FP-FO, soutiendra tous les personnels qui refuseront de retourner sur leur lieu de travail par tous les moyens (droit de retrait, grève). La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève.

Pour consulter le communiqué SNFOLC du 5 mai 2020 au format PDF…

Le plan de déconfinement annoncé par le 1er ministre et le ministre de l’Education nationale pour les élèves et les personnels suscite bien plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses et bien plus de craintes que de garanties. Il provoque une véritable levée de boucliers.

Le mot d’ordre du gouvernement : débrouillez-vous localement !
La reprise des élèves de 6e et de 5e aurait lieu à partir du 18 mai, dans les départements verts. Celle des 4e et 3e et des lycéens serait décidée fin mai. Et surtout, le retour dans les établissements est renvoyé aux choix locaux.

La santé des personnels n’est pas à géographie variable
« Les acteurs de terrain trouveront des solutions et je leur fais confiance. » ! Autrement dit, le gouvernement a décidé de transférer la responsabilité de la reprise sur les personnels et les collectivités locales. Il place ainsi les personnels en première ligne des décisions de reprise et d’exposition aux risques de contamination dès le 11 mai. Le ministre Blanquer a clairement fait le choix de transformer l’école en garderie. C’est sa priorité. Pour le SNFOLC et sa fédération,
c’est inacceptable !

Les réactions sont nombreuses et sans ambiguïté : c’est NON !

  • Le syndicat des chefs d’établissement Indépendance & Direction-FO « considère que la reprise effective des cours doit se faire en septembre prochain pour les collégiens et
    lycéens. Les semaines à venir pourraient être utilisées pour le soutien des plus fragiles, pour l’orientation et pour l’affectation, pour les inscriptions et les impondérables administratifs de fin d’année et de préparation de la rentrée. » (communiqué du 28/04/20)
  • 84% des familles, selon les sondages d’opinion, déclarent ne pas vouloir prendre de risques pour leurs enfants comme pour eux-mêmes : ils n’enverront pas leurs enfants à l’école
    à partir du 11 mai, ni au collège à partir du 18, ni au lycée ensuite,
  • de nombreux maires refusent d’endosser la lourde responsabilité de créer les conditions d’une deuxième vague de contamination et annoncent qu’ils n’ouvriront pas les écoles de leur commune, les pétitions se multiplient. La pétition de la FNEC FP FO a dépassé les 54 000 signatures en quelques jours. Plus de 12 000 sur la pétition FO-FSU-CGT-SUD dans l’académie de Rouen pour dire « pas de test, pas de masques = pas de reprise le 11 mai ». Des milliers de signatures aussi dans le Var, en Haute-Loire, par exemple. Le refus est général, personne ne veut mettre en danger les élèves, les personnels de l’Education nationale, les familles, les salariés. 70% des Français ne font pas confiance au gouvernement sur le déconfinement.
  • dans les collèges et les lycées, les personnels se réunissent à l’initiative de FO par tous les moyens : audio/ visioconférences, groupes whatsap, etc. Ces réunions sont nombreuses
    et les personnels s’y pressent car ils veulent s’informer et savoir comment résister face aux décisions du gouvernement qui ne passent pas. De qui se moque-t-on ? Les réunions de plus 10 personnes sont interdites mais on peut rassembler 15 élèves par salle… ? Cherchez l’erreur ! C’est notre santé, notre vie qui est en jeu, celle de la population. Tous se tournent vers le syndicat pour mettre en oeuvre tous les moyens réglementaires d’assurer leur protection : ASA pour les personnels dont la santé fragile les rend « à risques », procédure d’alerte, droit de retrait, grève.

Les personnels s’organisent pour s’opposer à la reprise à partir du 11 mai. Ils refusent qu’un seul élève ou un personnel puisse perdre la vie parce qu’il aura été exposé au covid dans son établissement, au motif qu’il faudrait faire redémarrer l’économie, selon la déclaration du ministre de l’économie, B. Lemaire « il faut se remettre au travail ». Comment accepteraient-ils aussi de reprendre alors qu’une contamination au covid-19 directement liée à la reprise du
travail ne serait même pas reconnue comme maladie professionnelle ?

Partout les personnels avec leurs syndicats prennent position
Partout dans les prises de position, les mêmes exigences sont posées : pas de reprise sans dépistage systématique, sans matériel de protection adapté et homologué, sans garantie
absolue de sécurité. Les personnels constatent qu’il n’y a aucune urgence, ni pédagogique, ni sanitaire, à reprendre le 11 mai, le 18 mai et même début juin.

Le SNFOLC invite les personnels à multiplier les réunions et les prises de position avant le 11 mai. Le SNFOLC, avec sa fédération la FNEC FP-FO soutiendra tous les personnels qui refuseront de retourner sur leur lieu de travail par tous les moyens (droit de retrait, grève). La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève.

Pour consulter le communiqué SNFOLC du 1er mai…

Les personnels de l’Education Nationale, les agents des collectivités territoriales et les parents
d’élèves soussignés considèrent que l’annonce du président de la République le 13 avril de
rouvrir les crèches, les écoles et les établissements scolaires à partir du 11 mai, alors même
que tous les lieux publics resteront fermés, est irresponsable, dangereuse, impossible.

L’Ordre des médecins dénonce dans ce choix « un manque absolu de logique », qui ne pourra
qu’aggraver l’épidémie. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise la mise en place
du dépistage systématique pour sortir de la crise sanitaire.

Les gestes barrières ne pourront être respectés compte tenu de l’âge des élèves ou du nombre
d’élèves par classe. Comment éviter une nouvelle flambée épidémique quand près de 900.000
professeurs et 12 millions d’élèves seront rassemblés en classe, auxquels il faut ajouter tous
les personnels d’éducation, d’administration, de direction, les personnels médico-sociaux,
ainsi que les personnels territoriaux, seront amenés à se déplacer et à entrer en contact ? Sans
parler des regroupements dans la cour de récréation, de la sieste en maternelle, des repas
collectifs, des internats, des transports…

Le CHSCT ministériel indique dans un avis voté par FO et FSU : « Le CHSCT M demande un
dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité. »

Nous, soussigné(e)s considérons que sans dépistage généralisé, sans les mesures de protection nécessaires, toute reprise est inacceptable.

Nous refusons que l’école et nos vies soient la variable d’ajustement des besoins du MEDEF.

Nous, soussigné(e)s, exigeons des préalables à toute reprise d’activité :
- Le dépistage systématique de tous les personnels et des élèves ;
- La mise en œuvre de toutes les mesures de protection nécessaires (équipements de protection à hauteur des besoins, désinfection totale des locaux, tests quotidiens…).

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par le SNUDI-FO 63. Elles sont conservées pendant une période maximale d’un an et sont destinées à faire valoir cette pétition. Conformément au RGPD, vous pouvez exercer votre droit d’accès, de rectification ou de suppression de vos données en nous écrivant à fo.snudi63@gmail.com

Pour signer la pétition : http://www.snudifo63.fr/petition/

Communiqué au format PDF…

Le COVID-19 a été découvert le 9 janvier 2020. Le 30 janvier 2020, au vu de son ampleur, l’OMS a déclaré que cette épidémie constituait une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale.

Les premiers cas de malades ont été diagnostiqués fin janvier 2020 au sein de l’Hôpital BICHAT. Le 11 mars 2020, l’OMS a annoncé que le CoVID-19 pouvait être qualifié de pandémie. Le 14 mars 2020, à minuit, la France est entrée en « stade 3 » d’épidémie active sur le territoire. Un dispositif de confinement a été mis en place sur le territoire à compter du mardi 17 mars à 12h.

Dès le début de cette crise sanitaire, tous les médias français sans exception ont relayé les positions gouvernementales vantant les mérites des fonctionnaires et agents publics, leur courage, leur abnégation et leur sens du service public.

Dans la Fonction publique de l’Etat, policiers, douaniers, pénitentiaires, enseignants et bien d’autres corps de la Fonction publique poursuivent leurs missions et sont au contact des usagers.

Malgré des demandes répétées de la Fédération Générale des Fonctionnaires FO (FGF-FO) par écrit et lors de conférences téléphonées, personne au sein du Gouvernement n’a été en mesure d’assurer véritablement la sécurité des agents publics, ni de garantir la distribution de matériels de protection (gants, masques, gel, etc.) en temps et en heure. Pas de réponse non plus sur le dépistage obligatoire des agents tenus de se rendre sur leur lieu de travail, pas plus que sur le nombre d’agents contaminés ou malheureusement décédés. Les mêmes incertitudes pèsent sur la reconnaissance d’imputabilité au service et de classement comme maladie professionnelle.

En revanche, dans le même temps, ces mêmes fonctionnaires et agents publics, si valorisés pour leurs actions, voyaient leur temps de travail remis en cause, des jours de congé et de RTT imposés, et une pression pour ne pas exercer leur droit de retrait.

Pour la FGF-Force Ouvrière, 1re organisation syndicale de la Fonction publique de l’Etat, la priorité est plus que jamais à la sécurisation et à la protection des agents, notamment en prévision du déconfinement. Il est inadmissible de n’avoir toujours pas de protection pour exercer ses missions.

Face à l’absence de réponses et d’engagements précis des responsables publics qui ont l’obligation légale de protéger les fonctionnaires et agents publics de l’Etat, la FGF-FO se voit dans l’obligation de porter plainte contre X pour mise en danger d’autrui (article 223–1 du Code pénal) et pour omission de combattre un sinistre (article 223–7 du code pénal).

Pour consulter le communiqué FGF-FO au format PDF…

Les personnels sont contre la décision irresponsable d’ouvrir les classes dès le 11 mai !

FO a décidé de mettre en ligne une pétition qui reprend l’avis du CHSCT ministériel (le CHSCTM demande un dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité) et auquel le ministre doit répondre. C’est un enjeu essentiel suite à la décision du Président de la République. Tout le monde le dit : nous ne voulons pas aller « au casse-pipe », nous ne voulons pas aller travailler la peur au ventre. Alors, il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités.

Dépistage massif et ciblé OU dépistage de TOUS les personnels et de TOUS les élèves ?

La position de FO est claire : pour FO, la solution est la mise en place d’une politique massive de tests qui devra correspondre aux préconisations du conseil scientifique et de l’OMS ; c’est-à-dire le dépistage systématique des personnels et des élèves. » 

Le ministre Blanquer a consulté toutes les organisations syndicales dans la semaine. Lors de l’audience avec la FNEC FP-FO, il a été incapable d’apporter la moindre garantie de sécurité pour les personnels dans la cadre de la réouverture des écoles le 11 mai, en particulier concernant le dépistage systématique. Ceci n’a rien d’étonnant de la part d’un ministre qui a mis plus de trois semaines à faire parvenir des masques (et encore pas partout et pas des FFP2) aux enseignants volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignants, de la part d’un gouvernement qui se signale par son incurie depuis la crise sanitaire.

Le CHSCT ministériel a déjà formulé un avis. Il met en difficulté le gouvernement. Le ministre refuse de s’y conformer. C’est justement parce qu’il n’a pas les moyens de le faire que la FNEC FP-FO soutiendra tous les collègues et familles qui refusent d’aller au travail, soucieux de la santé de leurs élèves, de leurs collègues et de leurs proches, à l’inverse du Président Macron.

Les pressions vont continuer à s’accentuer pour tenter d’imposer aux personnels et à leurs syndicats une rentrée progressive et concertée, avec des petits groupes, avec des masques grands publics… sans dépistage systématique comme préalable, pour les seuls besoins du patronat.

Nous pouvons les faire reculer.

D’ores et déjà, nous sommes à l’initiative, dans les départements et académies, de pétitions, souvent intersyndicales, sur la base de l’avis au CHSCT ministériel. 

Dans le Puy de Dôme, FO est à l’initiative d’une déclaration commune avec la FCPE 63 et certaines autres organisations syndicales, et d’avis communs au CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale) qui se tient cet après-midi en visioconférence.

Infliger une défaite au gouvernement sur la réouverture le 11 mai serait un coin enfoncé dans la marche à l’unité nationale pour « un pacte » de reprise de l’activité à tout prix, au prix de la santé de millions de salariés.

L’annonce du Président Macron a provoqué la plus grande colère. 

En mettant le ministre Blanquer et le gouvernement face à leurs responsabilités, et non en collaborant à une « bonne reprise », dans les conditions actuelles de la pénurie de masques et de tests de dépistage, FO vous appelle dès maintenant à signer massivement la pétition nationale et à la faire massivement circuler autour de vous !

« Dans ces conditions, la rentrée, c’est non ! »

Pour signer : c’est par ici…

Au sommaire de ce communiqué :

  • Réouverture des collèges le 11 mai, dans quelles conditions sanitaires ?
  • Reprise le 11 mai pour lutter contre les inégalités ?
  • Déroulement de la fin d’année scolaire, orientation, DNB toujours autant de questions et d’inquiétude.
  • Une reprise au mépris du statut des professeurs ?
  • Avis du CHSCTM sur le dépistage systématique.

Pour lire le communiqué SNFOLC du 17 avril…

16 avril : 18 000 décès et 107 000 cas à rapporter au coronavirus et à la pandémie mondiale. Et le bilan sanitaire s’aggrave de jour en jour. Ainsi, le lundi 13 avril, le Ministre Véran de la
santé, dans un communiqué écrivait : « L’impact de l’épidémie est majeur et la France se situe actuellement dans une phase de « haut plateau ». Le Ministère des Solidarités et de la Santé
rappelle qu’il est impératif de respecter les mesures barrières, les mesures de distanciation physique et sociale et les mesures de confinement. Continuons à rester vigilants, mobilisés et prudents. » Mais à la surprise générale, à 20 heures, le Président Macron annonçait la reprise des cours à partir du 11 mai, avant même la réouverture des restaurants, bars, cinémas et autres lieux publics…

L’Education nationale transformée en garderie pour remettre les salariés au travail

Pour le SNFOLC et sa fédération nationale, il ne fait aucun doute que la décision de reprendre le 11 mai répond à une injonction du patronat. Le MEDEF n’a d’ailleurs pas tardé à exprimer sa satisfaction par la voix de son porte-parole qui a déclaré le lendemain : « Cela permet aux entreprises de bien préparer la reprise, et aux enfants de retrouver le chemin de l’école ».

Reprendre le 11 mai à ses risques et périls

Au plan national comme au plan local, l’administration refuse de répondre aux revendications légitimes des personnels.

  • Matériel de protection : concernant les masques, le ministre dit « Le fait d’avoir un masque fait partie des choses possibles ».
    Au plan local, les recteurs, qui, étant employeurs et devant pourtant garantir la sécurité et la santé au travail, se réfugient derrière l’attente d’un cadrage national plus précis, et n’organisent pas l’acheminement de ce matériel en direction des établissements.
  • Dépistage systématique des personnels et des élèves : pourtant recommandé pour l’ensemble des pays par l’OMS depuis le 16 mars (on se souvient du « Nous avons un message simple pour tous les pays : testez, testez, testez. »), ministre et recteurs bottent
    en touche, malgré l’avis porté par la FNEC-FP FO et la FSU en CHSCT ministériel demandant le dépistage comme préalable à la reprise.
  • Droit de retrait : les recteurs, se vantant de garantir les meilleurs conditions possibles en terme de protection de la santé des élèves et des personnels (sans expliciter les moyens qu’ils mettent en face), considèrent dès à présent comme injustifié tout recours au droit de retrait.

Une reprise à marche forcée et la peur au ventre pour des centaines de milliers d’agents. Dans un CHSCT académique, le médecin de prévention a informé qu’en une semaine, il avait été destinataire de 800 mails de personnels. L’inquiétude de reprendre, avec le risque de contracter soi-même le Coronavirus et de le ramener dans son foyer familial est, sans surprise, largement majoritaire.

A l’image d’autres salariés (grève chez Amazon, à Auchan etc.), les personnels des lycées et collèges s’organisent et cherchent à constituer une force pour ne pas mettre leur vie en péril.
Par exemple, dans les Pyrénées-Atlantiques, 48 personnels du collège des Lavandières de Bizanos se sont réunis en heure syndicale dématérialisée le 15 avril. Ils « exigent avant toute reprise de l’activité des tests sérologiques […] pour tous les personnels et les élèves, conformément à l’avis du CHSCT ministériel du 3 avril, la désinfection préalable puis quotidienne des écoles, services et établissements scolaires, des matériels de protection […]
en quantité suffisante. »

Le SNFOLC, avec sa fédération nationale, appelle les personnels :

  • à se regrouper (en visio ou autre),
  • à adopter des motions d’établissements, avec le soutien de leurs syndicats, pour s’adresser au ministre pour lui dire : « pas de reprise sans que les mesures de protection soient garanties ! »
  • à reprendre le voeu du CHSCT ministériel du 3 avril
    « Afin d’endiguer l’épidémie, pour assurer la sécurité et protéger la santé de tous les personnels, le CHSCTM exige la mise en place du dépistage systématique comme le préconise l’OMS, à commencer par celui des personnels ayant des symptômes et ceux ayant été en contact avec des personnes infectées, de tous les personnels travaillant dans les pôle d’accueil des enfants de soignants ou ceux s’étant rendu sur leur lieu de travail ces trois dernières semaines, ainsi que de tous les personnels à risque. Le CHSCT M demande un dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité. » Pour : FO, FSU Abstention : UNSA.

La FNEC FP FO a déposé un préavis de grève protégeant les personnels qui décideraient de ne pas reprendre le travail à partir du 11 mai.

Pour consulter le communiqué SNFOLC du 16 avril au format PDF…

Une ordonnance n° 2020–430 « relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l’État et la fonction publique territoriale au titre de la période d’urgence sanitaire » vient de paraître.

Sont concernés tous les personnels non enseignants, titulaires comme contractuels.

L’ordonnance prévoit :
pour ceux qui sont en ASA depuis le 16 mars : 10 jours de congés obligatoires, décomposés en 5 jours de RTT pour la période du 16 mars à aujourd’hui et 5 jours de RTT ou congés entre aujourd’hui et la fin de la période de confinement ;
pour ceux qui sont en « télétravail ou assimilé » depuis le 16 mars : la possibilité dimposer 5 jours de RTT ou de congés entre aujourd’hui et la fin du confinement. Cette possibilité d’imposer ces 5 jours est laissée au chef de service.

Cette décision est scandaleuse, inacceptable, indécente !

Elle a été annoncée et mise en oeuvre du jour au lendemain, sans aucune consultation des organisations syndicales. Une fois de plus, le gouvernement fait le choix de la stigmatisation des fonctionnaires, niant ainsi l’importance du travail effectué dans des conditions dégradées par des agents sous-payés !

La FNEC-FP FO, avec la Fédération Générale des fonctionnaires FO, demande le retrait immédiat de cette ordonnance.

La période de confinement ne peut en aucun cas être assimilée à des congés. Ne pas pouvoir se déplacer, ne pas pouvoir même sortir de chez soi, garder ses enfants, être en congé maladie, ce n’est pas être en congé ! Au contraire, pour de nombreux collègues, c’est un facteur de stress supplémentaire. Comme si nous l’avions choisi ! Comme si c’était des vacances, d’être assignés à résidence, privés de nos libertés les plus élémentaires ! Comme si le fait d’être confinés aussi longtemps n’était pas dû à l’incurie de nos gouvernants !

La FNEC FP-FO s’opposera partout aux attaques indécentes visant à profiter de l’état d’urgence sanitaire pour porter atteinte aux droits à congé ou au temps de travail !

La FNEC-FP FO rappelle que partout, tous les agents sont considérés comme étant en position d’activité depuis le 16 mars, et qu’aucun jour de congé ne doit être imposé !

Pas de tests, pas de masques : pas de reprise !

Plutôt que d’utiliser l’état d’urgence pour amputer les droits de salariés, le gouvernement devrait s’occuper de fournir les masques homologués et les tests de dépistage pour tous, sans lesquels il n’y aura pas de « reprise » à partir du 11 mai !

Les droits de retrait s’exerceront et des préavis de grève sont d’ores-et-déjà déposés !

Pour consulter le communiqué FNEC du 16 avril au format PDF…

Le SNFOLC dénonce la décision du gouvernement de ne plus rémunérer les heures
d’interrogation auxquelles ont droit les étudiants de CPGE à partir du 1er avril 2020.

Cette mesure est d’autant plus inacceptable que les pouvoirs publics n’ont de cesse de répéter que la période de confinement ne doit pas être une période de vacances ; les professeurs sont invités à organiser des classes virtuelles, à transmettre leur cours aux élèves, à leur donner régulièrement du travail, à répondre à leurs questions.

Or, les heures de colle jouent un rôle essentiel dans la pédagogie des classes préparatoires
aux grandes écoles. Depuis le 16 mars et la fermeture des établissements scolaires, elles ont souvent pu être dispensées par vidéoconférence. En priver les étudiants revient à les pénaliser un peu plus alors qu’ils ont été fortement déstabilisés par la fermeture des internats et par l’incertitude entourant les concours.

Il est vrai que le ministère n’interdit pas la tenue des heures d’interrogation. Il refuse
seulement de les financer, espérant sans doute que, dans l’intérêt de leurs élèves, les
professeurs assureront bénévolement cette tâche. Ce n’est pas l’annonce de la création d’une hypothétique prime pour compenser les dépenses informatiques et téléphonique occasionnées pour les enseignants par la nouvelle organisation du travail pendant la période de confinement qui permettra de compenser une telle mesure.

Le SNFOLC exige que les heures d’interrogation effectuées à partir du 1er avril 2020 continuent à être rémunérées. L’épidémie du coronavirus ne doit pas servir de prétexte pour remettre en cause les droits des étudiants et des professeurs.

Pour consulter le communiqué SNFOLC en PDF…