Isolé, Gabriel Attal multiplie les provocations et enfonce le clou sur le « choc des savoirs » !

Plutôt que de répondre à la colère générale provoquée par les suppressions de postes et les fermetures de classes, les 700 millions de coupes budgétaires, les contre-réformes, le gel du point d’indice, Gabriel Attal continue de mettre la pression sur l’École publique et ses personnels avec un Arrêté.

Sur le « choc des savoirs », contre lequel les personnels sont toujours plus mobilisés, le premier ministre enfonce le clou : « les groupes de niveaux seront la règle à la rentrée ».

Et c’est ce qu’il a fait ce dimanche 17 mars en publiant au Journal Officiel l’Arrêté du 15 mars 2024 modifiant l’arrêté du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège :

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Un Comité Social d’Administration Spécial Départemental a eu lieu le 12 février à la suite du vote unanime des organisations syndicales (FO, FSU, UNSA) contre la dotation 1er degré et collèges.

L’Inspecteur d’Académie du Puy-de-Dôme est totalement dépassé par l’ampleur des mesures qu’il doit mettre en œuvre.

Comme il le précise : « à la suite de la visioconférence avec les chefs d’établissement, nous sommes confrontés à des situations très inégales selon les collèges ». « On est dans une période d’entre-deux, on attend les directives… » « On arrive au bout d’un système ».

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Lors du Conseil Supérieur de l’Education du 8 février, 6 textes sur le « choc des savoirs » ont été présentés. La FNEC FP-FO a voté contre l’ensemble des textes, comme la grande majorité des membres du CSE.

Ce « choc contre les savoirs » s’inscrit dans la continuité et dans l’aggravation des contre-réformes menées ces dernières années. Après la réforme du collège de 2015 et celle du lycée de 2018, qui ont supprimé des milliers d’heures disciplinaires, après le baccalauréat Blanquer et « Parcoursup », véritables machines à déqualifier la jeunesse, le « choc des savoirs » franchit une étape supplémentaire dans la destruction de l’Ecole publique : moins d’enseignements, plus de dérèglementation…

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Ensemble nous disons « NON » au « Choc des savoirs »

Le ministère s’entête à vouloir mettre en place le projet conservateur et passéiste du « choc des savoirs » présenté il y a quelques mois par Gabriel Attal devenu Premier ministre. Ce projet est néfaste à l’École pour les élèves et pour les personnels. Au lieu d’en guérir les maux, il renonce à les voir et va les accroitre.

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Dessin de Colm

En application du projet de loi de finances (PLF) fondé sur une logique d’austérité budgétaire et passé sans débat et sans vote par le 49–3 à l’Assemblée nationale, il était programmé la suppression de 484 ETP (équivalent temps plein) d’enseignement pour une baisse d’effectifs attendue de 7 831 élèves, soit un postes supprimé pour 16 élèves en moins.

Rétropédalage

Forcé de constater que ces suppressions de postes d’enseignants à la rentrée 2024 ôtait toute crédibilité à son « choc des savoirs », craignant que la présentation de dotations globales insuffisantes dans les établissements ne déclenche un mouvement de protestations incontrôlable, le ministre Attal a présenté au CSA ministériel du 21 décembre un « schéma d’emploi » remanié. Dans les faits, les 484 suppressions d’emplois d’enseignants du second degré inscrites au projet de loi de finances 2024 ne sont pas annulées, mais plutôt compensées par l’apport d’emplois complémentaires à hauteur de 1 058 ETP, permettant au ministre d’afficher pour le second degré une variation positive (+ 574 ETP) des moyens d’enseignement second degré.

Ce qui n’empêche pas que 13 académies perdent des postes et que 6 ne bénéficient d’aucune création, l’expérience montrant par ailleurs que même des dotations positives au niveau académique ou départemental peuvent se traduire par des suppressions de postes dans les établissements.

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Pour le SNFOLC, la propagande relayant complaisamment les annonces médiatiques du ministre Attal ne peut camoufler la réalité : dans la continuité de ses prédécesseurs, il poursuit le plan de restructuration – liquidation de l’école publique.

Il maintient les réformes Blanquer du lycée et du baccalauréat : le contrôle continu qui a supprimé la valeur nationale du diplôme et a transformé le baccalauréat en diplôme local, les pressions sur la notation des enseignants et le stress sur les élèves qui en découlent, les spécialités qui font exploser les emplois du temps, placent les disciplines en concurrence les unes avec les autres, suppriment le groupe classe.

De manière constante, les réformes dans l’Éducation nationale se sont accompagnées de la remise en cause des conditions d’instruction : moins d’heures de cours, moins de groupes, moins de dédoublements, de moins en moins d’enseignement disciplinaire, moins de postes, et toujours plus d’élèves par classe !

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La FNEC FP-FO a été reçue en bilatérale par la DGESCO au sujet du « choc des savoirs ». Cette bilatérale d’une heure s’est tenue avec des responsables de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO). L’objet était avant tout de poser nos questions.

Groupes de niveaux au collège

FO

Selon nos calculs (en particulier ceux effectués de manière très précise par nos camarades chefs d’établissement), pour qu’un tiers d’élèves de 6ème et 5ème en difficulté en mathématiques et pour qu’un quart d’élèves de 6ème et 5ème en difficulté en français puissent bénéficier d’un enseignement en demi groupe (max 15 élèves) sans détériorer les conditions d’apprentissage des autres élèves, il faudrait dégager environ 6 000 postes équivalent temps plein (ETP) supplémentaires (5 997 très exactement…)

Or, le ministère considère lui que 2 300 ETP suffisent. Ces 2 300 ETP sont dégagés avec 1 500 ETP récupérés en « volant » une heure de classe en 6ème (suppression d’une heure de technologie en 6ème qui avait été transformée en une heure de session d’approfondissement en maths et français annulée elle aussi) et 800 ETP pris sur les 1 100 ETP rétablis dans le 2nd degré (passage de – 484 ETP à + 594 ETP).

Quid de ce différentiel de 3 700 ETP ? Quelles seront les marges de manœuvres et à quel niveau seront-elles proposées pour que cela fonctionne ?

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Il doit créer tous les postes statutaires nécessaires, rétablir toutes les heures d’enseignement disciplinaire et abandonner les réformes organisant la casse de l’École et des statuts des personnels !

Forcé d’admettre que la suppression de 2 500 postes d’enseignants à la rentrée 2024 ôtait toute crédibilité à son « choc des savoirs », et craignant sans doute qu’après une rentrée 2023 marquée par la résistance des personnels contre le pacte et leurs mobilisations pour défendre les postes et les classes, la présentation de dotations globales insuffisantes dans les établissements début 2024 ne déclenche un mouvement de protestations incontrôlable, le ministre Attal a accompli un rétropédalage en règle et présenté un « schéma d’emploi » remanié lors du CSA ministériel réuni le 21 décembre.

Aussitôt les travaux terminés, la presse nationale s’empressait de relayer la communication ministérielle : « Gabriel Attal promet plus de 2000 postes d’enseignants pour les groupes de niveau au collège » titraient Les Echos, tandis que Libération annonçait que « Finalement, le ministère de l’Éducation ne supprimera pas de postes de professeurs en 2024 », puis que Le Figaro se félicitait : « Groupes de niveau au collège : Gabriel Attal annonce des créations de postes »

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Malgré toutes les opérations de communication, la vérité est crue : la politique du ministre consiste à fermer des postes et à fermer des classes. Depuis quelques semaines, les premières annonces concernent des classes préparatoires aux grandes écoles dans les académies de Paris, Dijon, Rennes, Lyon, Normandie, Toulouse.

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Gabriel Attal a annoncé le 5 décembre les mesures qu’il compte mettre en œuvre dès la rentrée prochaine dans le cadre d’une prétendue « exigence des savoirs ». Ce plan organise la déréglementation généralisée des enseignements en collège, avec l’explosion des classes au profit de groupes de niveau « flexibles », avec la remise en cause de tous les programmes et horaires nationaux adaptables en fonction des décisions pédagogiques locales, etc.

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