Le Recteur persiste et signe : maintien des poursuites pénales et des lettres de sanction
Lors du Comité Technique Académique (CTA) de ce jour, près de 500 personnes étaient rassemblées devant le Rectorat pour s’opposer à la répression syndicale, aux E3C et aux baisses de DHG et…
près de 70 personnels administratifs du Rectorat, à l’initiative de FO, ont manifesté à l’intérieur de la citadelle rectorale avec le panneau :
RECTORAT EN COLERE
pour s’opposer au mépris de leur propre administration et dénoncer la réforme territoriale.
FO et FSU ont élaboré une déclaration commune. FO a lu celle-ci ainsi que la lettre des personnels administratifs du Rectorat. Campant sur ses positions, le Recteur a refusé de répondre à nos revendications. FO et FSU ont quitté la séance.
L’UNSA est resté. Maintenant les masques tombent : l’UNSA, comme la CFDT, soutient ce gouvernement, M. Blanquer… même quand il y a répression des personnels de l’Education nationale, des étudiants et des lycéens !
A cause de la baisse des DHG, les collèges ruraux étaient présents (Rochefort-Montagne, La Tour-d’Auvergne, Murat-le-Quaire, Bourg-Lastic …). Les langues vivantes et anciennes étaient là. Les disciplines artistiques aussi. … et une multitude de personnels !
La colère contre la baisse des DHG et les suppressions de postes explose !
FO défendra tous les établissements qui nous transmettront leurs revendications ! Le CT départemental aura lieu le jeudi 13 février.
Depuis des mois les personnels avec leurs organisations syndicales ont alerté le ministre sur une catastrophe annoncée, le nouveau bac Blanquer. Face au déni du ministre et du gouvernement sur les revendications les professeurs rejoints par les lycéens et les parents d’élèves s’appuyant sur la puissance de la grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites se mobilisent pour bloquer les E3C.
Un vent de révolte contre les E3C
Le ministre Blanquer a tenté de dissimuler le fait que dans tous les lycées les E3C sont contestées. Il a prétendu que les enseignants approuvaient ses réformes alors que depuis la mi-janvier, des centaines de lycées, avec les personnels, les élèves, les parents sont mobilisés contre la passation de ces épreuves qui révèlent le vrai visage de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat. C’est une mobilisation inédite qui s’inscrit dans le droit fil de la grève contre le bac Blanquer en juin-juillet 2019. Les professeurs, et pas seulement ceux qui étaient directement concernés par les épreuves, ont fait un choix clair : empêcher le déroulement des E3C. Ils ont successivement refusé de choisir les sujets, de surveiller ; ils ont informé les élèves et les parents, bloqué les lycées, se sont mis en grève. Ils défendent leur droit à instruire, et l’instruction des élèves. Ils refusent de cautionner le mensonge d’Etat qui consiste à faire croire que les E3C sont dignes d’une épreuve nationale et garantiront la valeur nationale du baccalauréat. Le refus des professeurs est majoritaire, ils n’acceptent pas la remise en cause de leur travail, la casse du baccalauréat.
Jamais le baccalauréat n’a été bafoué à ce point ! […]
Madame la Ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation, Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
Vous avez convié notre organisation syndicale au « comité de suivi des INSPE ». Depuis la mise en place de la mastérisation, la FNEC FP-FO demande toujours son abandon et alerte sur les reçus-collés, les démissions et la baisse d’inscription au concours. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2019 et 2020, les inscriptions aux CAPES, toutes disciplines confondues, ont baissé de 7,8 %, et de 15% depuis 2016. Croyez-vous que la profession sera plus attractive avec la revalorisation que vous annoncez et le projet de réforme des retraites que vous défendez ?
Cela fait maintenant 53 jours que les personnels se mobilisent pour le retrait de la réforme des retraites. Vous avez évoqué une « revalorisation » salariale.
Or, le Conseil d’état a rendu son avis sur le projet de loi. Il juge imprécise et contraire à la Constitution la disposition du projet de loi portant sur la revalorisation. Le cabinet du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a indiqué que le gouvernement avait maintenu cette disposition, contre l’avis d’une des plus hautes juridictions de l’Etat. Il a répondu que c’était une mesure non pas normative mais politique. Qu’entendez-vous par « mesure politique » ?
Entendez-vous par là un effet d’annonce destiné à calmer les personnels ? Savez-vous que le mépris et le déni de réalité exacerbent leur colère légitime ? Que des AG continuent à se réunir partout pour décider d’agir collectivement afin de s’opposer aux mesures que vous mettez en oeuvre contre la volonté des personnels ?
Réforme des retraites, Parcoursup, réforme du baccalauréat et du lycée, la majorité des organisations syndicales s’y opposent. Depuis 2 ans et demi, les revendications des personnels et des jeunes sont ignorées. Qui peut s’étonner aujourd’hui de la colère qui ne cesse de s’amplifier ?
Il y a deux possibilités : satisfaire les revendications, écouter les personnels ou appliquer les réformes de force, contre la volonté des personnels, des élèves, des parents d’élèves […].
Résolution de la Commission Exécutive Nationale (CEN) du SNFOLC qui s’est tenue les 27 et 28 janvier 2020.
Au sommaire :
Réforme des retraites, salaires, E3C, postes : FO ne lâche rien - Revalorisation, nouveau mensonge d’Etat - E3C - Postes
Lignes directrices de gestion : le syndicat prend les dispositions qui s’imposent - Mutations : défense des dossiers des mutations inter académiques - Promotions
Ce jeudi à 13h00, rassemblement contre la répression syndicale, pour la levée des sanctions, contre les suppressions de postes et les baisses de DHG.
Ce rassemblement aura lieu au moment où doit se tenir le Comité Technique Académique (CTA à 14H). FO et FSU ont décidé de lire une déclaration commune dénonçant la répression syndicale et les baisses de DHG. Nous quitterons la séance si le recteur n’entend pas nos revendications. L’UNSA sera alors face à un choix : nous suivre ou rester pour soutenir le recteur et le ministre… Dans notre académie, seuls FO, la FSU et l’UNSA sont représentatifs au CTA.
Nous comptons sur la présence du plus grand nombre. Un préavis de grève a été déposé pour faciliter l’organisation de ce rassemblement.
Plus de 300 personnes se sont rassemblées ce matin devant l’Hôtel de Police pour soutenir les collègues convoqués.
Ensuite, c’est près de 2 000 personnes qui ont participé à la manifestation contre la réforme des retraites.
Nous sommes très nombreux à être restés tout l’après-midi devant le commissariat pour soutenir les étudiants de l’UNEF et un lycéen convoqués eux aussi.
Réforme des retraites, réforme du Bac, suppression de postes : explosion de la colère ! Les journées ordinaires de l’Education nationale sont devenues des journées extraordinaires. Chaque jour apporte son lot d’événement tous incroyables, des faits qu’on n’aurait pas imaginer il y a seulement quelques mois. Alors que le refus du nouveau bac s’ajoute à celui de la réforme des retraites, se profile déjà une troisième crise : les baisses de DHG et les suppression de postes.On en arrive à un état de désordre dans l’institution scolaire qui montre la fragilité du gouvernement et du ministre Blanquer.
Les épreuves du bac sont perturbées un peu partout et certaines reportées, comme, par exemple, au lycée Blaise Pascal à Clermont-Fd, au lycée Descartes à Cournon, mais aussi aux lycées de Bourg en Bresse, au lycée La Martinière de Lyon, à Sète, à Rennes, à Cahors ou encore à Nantes. Partout, les personnels des lycées se mettent en grève.
Le ministre accusait des professeurs radicalisés. Mais à Landerneau, comme à Lillebonne, Sète, et encore à bien d’autres endroits, ce sont des élèves qui refusent de passer les épreuves. Le ministre, semble-t-il, ne croise que des lycéens qui apprécient sa réforme. C’est miraculeux. Car à Landerneau, par exemple, selon le quotidien pas radicalisé Le Télégramme, une quarantaine d’élèves de STMG sur 80 ont refusé de passer l’épreuve de maths. Ils réclament le retour de l’ancien bac. « C’est une question d’équité. Que tous les candidats aient les mêmes chances » ; disent ils au Télégramme. Ce sont les mêmes sujets qui sont donnés en STMG et dans la série générale.
Désordre dans les épreuves
Mais la désorganisation touche d’autres domaines. Comme de très nombreux enseignants font la grève des surveillances, les établissements font appel à des personnels administratifs ou à des surveillants. Cela génère des erreurs dans la transmission des sujets. Par exemple dans plusieurs lycées les élèves n’ont pas eu les vidéos liées au sujet de langue. Les syndicats dénoncent aussi des questions de sécurité : nombre de surveillants insuffisant, portes fermées à clé et alarmes débranchées par peur des intrusions etc.
Désordres dans les sujets
A Cholet, des élèves de STMG ont eu des sujets portant sur des chapitres non étudiés en classe (en l’occurrence les espaces ruraux en histoire-géographie). Ils ne sont pas les premiers, cela arrive chaque jour. Les enseignants ayant largement refusé de choisir les sujets, ce sont les inspecteurs qui font le choix (comme au lycée Brugière à Clermont-Fd). Or ils n’ont pas toujours toutes les informations pour le faire.
A Béthune, l’épreuve d’histoire géo a du être reportée par le proviseur suite à une fuite de sujet, selon L’avenir de l’Artois. Mais c’est un secret de Polichinelle que de dire que les sujets des épreuves de contrôle continu se trouvent très facilement sur internet. Les élèves ont ouvert plusieurs sites proposant des banques de sujets très bien classées. Au total cela fait certes de nombreux sujets. Mais en ce début d’année, seuls quelques chapitres ont été vus par les élèves. Il leur est donc facile de réviser les quelques sujets correspondant au programme qu’ils ont suivi (en espérant que l’inspecteur ne se soit pas trompé…).
Surenchères dans les menaces et les sanctions
Ce 28 janvier encore, les forces de l’ordre ont souvent été appelées devant les lycées. Sur instructions rectorales, il semble que l’appel à la police soit devenu systématique avec les risques que cela comporte. Parfois cet appel génère un blocage comme à Paris. Peut-être aussi sur consigne rectorale, un nouveau moyen de pression est utilisé sur les élèves. Les établissements envoient des SMS menaçants les élèves qui ne se sont pas présentés aux E3C d’un zéro. Cela s’est passé par exemple le 27 à Sète. On ne reviendra pas sur les menaces de poursuites disciplinaires voire judiciaires adressées aux enseignants à Montbrison, à Cahors ou … à Clermont-Ferrand par exemple.
Dimension nationale
On nous dira que ces quelques exemples sont exceptionnels. Mais non : près de 300 lycées ont été perturbés sur 400 établissements organisant des épreuves d’E3C la semaine dernière, avec une centaine de reports d’épreuves. La presse quotidienne régionale est remplie chaque jour de nouveaux cas. Et on sait que certains chefs d’établissement ont jugé sage de remettre à plus tard les épreuves.
Une nouvelle crise arrive : les fermetures de postes et les baisses de DHG
Or ce n’est pas fini. Maintenant arrivent un autre motif de trouble qui relève de la gestion ministérielle. Le ministère supprime plus d’un millier de postes à la rentrée dans le second degré. Cela se traduit dans de nombreux établissements par des enseignants en moins. Comme on attend aussi 30 000 jeunes de plus dans le second degré, partout la rentrée va se faire avec des classes très chargées. Les dotations horaires commencent à être communiquées dans les collèges et les lycées. Pour les enseignants, c’est dur à encaisser : partout les DHG sont en baisse, de nombreux collègues perdront leur poste ou seront en poste partagé. Chaque jour, des établissements commencent à se mobiliser pour ce motif aussi.
Pour FO, les revendications sont claires :
- retrait de la réforme des retraites
- retrait de la réforme du baccalauréat et du lycée
- annulation des suppressions de postes et création des postes nécessaires.
Nos organisationssyndicales comme les équipes pédagogiques des établissements ontsignalé depuis des mois les dysfonctionnements qu’allait engendrer la mise en œuvre des E3C.
À aucun moment, le ministre n’a envisagé de remettre en cause la tenue de la première session d’E3C.
Cette obstination a conduit l’intersyndicale à s’opposer à la mise en œuvre de cette session notamment par la grève des surveillances.
Dans de nombreux établissements, les personnels, mais aussi des élèves et des parents d’élèves se mobilisent avec succès contre la tenue des épreuves. Le ministre refuse toujours d’entendre leur colère légitime et minimise les annulations ou reports des épreuves.
Jean-Michel Blanquer veut imposer la tenue de cette session d’E3C à tout prix. Pour y parvenir, il incite recteurs et chefs d’établissement à réprimer les mobilisations des personnels et des élèves.
Dans un contexte où les discussions sur les revendications n’ont pas lieu, un certain nombre de recteurs donnent des consignes qui exacerbent les tensions. Nos organisations sont alertées par des dépôts de plainte, des pressions, des remises en cause du droit d’expression et de mobilisation des personnels ou la répression violente des blocages lycéens… […]
Notre organisation syndicale a appelé à la mobilisation et à la grève contre la réforme des retraites à compter du 5 décembre, dans un cadre largement unitaire et interprofessionnel. Elle est aussi mobilisée contre la mise en place des E3C, dans la continuité du vote de la majorité des syndicats contre la réforme du baccalauréat et du lycée.
La mobilisation des professeurs, des personnels, des parents, des élèves illustre le rejet des E3C et des conditions de passages de ces épreuves, l’exaspération a été accentuée par les mesures prises quant à la surveillance de ces épreuves par des retraités, des AED menacés de licenciement, ou comme à Rennes l’envoi des APS.
Dans un contexte de tension réelle où la discussion sur les revendications n’a pas lieu, un certain nombre de recteurs donnent des consignes qui exacerbent les tensions. Ainsi le recteur d’Aix-Marseille dans un courrier envoyé aux chefs d’établissement parle de « faute professionnelle avec toutes les conséquences disciplinaires qui en découlent » en cas de refus de participer aux E3C. Pourtant, les personnels exercent leur droit constitutionnel de faire grève comme ils l’ont fait lors de la grève de la surveillance et de la correction en juin et juillet 2019. Par ailleurs, en incitant à la délation, cette lettre remet en cause la déontologie des proviseurs de cette académie […].