Dessin de Zaïtchick

Face à la répression syndicale inédite mise en place par le gouvernement, plusieurs actions sont prévues cette semaine dans le Puy-de-Dôme.

Pour rappel, suite à la manifestation pacifique contre les E3C au Lycée Blaise Pascal le 18 janvier dernier, 7 responsables syndicaux du 63 sont convoqués à l’Hôtel de Police et / ou ont reçu une lettre du recteur qui les menace de sanctions professionnelles du fait de leur activité syndicale. Notre secrétaire départemental en fait partie.

Désormais, le gouvernement, le ministre Blanquer et donc le recteur tentent les intimidations. En tout état de cause, il est inadmissible que revendiquer devienne désormais un délit et une faute professionnelle. Le recteur considère que les syndicalistes doivent être à sa botte, sinon ils seraient en faute professionnelle. Nous ne laisserons pas faire. Nous vous appelons donc à soutenir massivement ces camarades.  

Mardi 28 janvier dès 7h30 : rassemblement devant le lycée Descartes (Avenue Jules Ferry à Cournon) afin de montrer notre opposition aux E3C.

Mercredi 29 janvier à 8h30 : rassemblement devant l’Hôtel de Police (Avenue de la République à Clermont-Ferrand) afin de soutenir les premiers collègues convoqués. Il faut une mobilisation extrêmement massive. Comme pour les autres journées depuis le 0512, vous êtes couverts par un préavis de grève.

Mercredi 29 janvier à 10h00 :manifestation qui partira de l’Hôtel de Police.

Mercredi 29 janvier à 15h00 : nouveau rassemblement devant l’Hôtel de Police afin de soutenir les autres collègues convoqués.

Jeudi 30 janvier à 13h00 : rassemblement devant le rectorat (Avenue Vercingétorix à Clermont-Ferrand) en ce jour du CTA (Comité Technique Académique).

Nous vous invitons, dès à présent, à vous réunir dans vos établissements afin de discuter de la grève et à prendre position via une motion contre la répression syndicale en cours. Vous pourrez bien sûr aussi y évoquer la réforme des retraites, les E3C, les baisses des DHG et tout autre dégradation de vos conditions de travail.

Nous nous y attendions : le ministre Blanquer a donc mis à exécution ses menaces à la suite du mouvement qui a eu lieu samedi 18 janvier au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand.

Les représentants syndicaux SNFOLC, CGT, SNES, SUD et UNEF du Puy de Dôme sont convoqués par la police et menacés de sanctions disciplinaires par le Recteur.

C’est une répression syndicale claire qui est à l’oeuvre. Il s’agit de faire taire les syndicats et les personnels.

La réforme des retraites ne passe pas (près de 15 000 personnes à Clermont aujourd’hui pour le redire), la réforme du Baccalauréat ne passe pas, les baisses de DHG et les suppressions de postes ne passent pas.

Ce gouvernement est acculé et n’arrive plus à convaincre : la destruction des retraites, la destruction de la Sécurité sociale, la destruction du Baccalauréat, la destruction de la Fonction Publique font partie de son programme.

Faute de pouvoir convaincre, ce gouvernement, et plus particulièrement le ministre Blanquer, a fait le choix de la répression. Néanmoins, ne nous laissons pas impressionner par ces pulsions totalitaires. Nous sommes encore dans une République où la liberté d’expression existe encore et où nous avons encore le droit de manifester notre désaccord.

Comme l’écrit justement John Steinbeck, dans Les Raisins de la colère en 1938, « la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité. »

Aussi compte tenu de cette situation qui montre que le gouvernement veut terroriser les salariés et les jeunes, dans le cadre de l’appel intersyndical national à la poursuite de la mobilisation, une manifestation interprofessionnelle aura lieu mercredi matin 29 janvier. Cette date correspond à la veille de la mise en place de la conférence de financement pour les retraites.

Détails des actions :

  • RDV mercredi 29/01/2020 dès 8h30 pour un rassemblement avenue de la République devant l’Hôtel de Police (Clermont-Ferrand) afin de soutenir les collègues convoqués.
  • La manifestation partira à 10h00 de ce même lieu.
  • Retour devant le commissariat à 14h pour soutenir les autres collègues convoqués.

L’intersyndicale du 63 appelle également d’ores et déjà à une journée de grève le 30/01/2020, jour du Comité Technique Académique, avec un rassemblement devant le rectorat à 13h.

Conscient de l’extrême impopularité de sa réforme du lycée et du baccalauréat, le gouvernement a cru pouvoir acheter les suffrages des personnels en créant une indemnité exceptionnelle pour l’année scolaire 2019–2020 afin de rémunérer l’organisation et la participation à l’évaluation des épreuves communes de contrôle continu. L’opération de séduction peut-elle réussir ?

Un montant de correction inférieur au Smic
L’indemnité forfaitaire sera de 50 euros « par division » pour les professeurs quel que soit le nombre de copies corrigées et de 500 euros pour les personnels de direction quel que soit le nombre de classes concernées par les E3C.

Jusqu’à présent, les correcteurs étaient rétribués 5 euros par copie. Comme les classes de lycée comptent en moyenne 30 élèves, les professeurs toucheront une rémunération au moins trois fois inférieure à celle dont ils bénéficiaient dans l’ancien système. Pourquoi une telle baisse est avancée par le ministre ? Le prétexte avancé est que les productions des élèves seront théoriquement plus concises puisque réalisées dans un temps plus
court. C’est l’effet “nouvelles épreuves et contrôle continu” !

Le choix des sujets des E3C, l’élaboration d’un corrigé, d’un barème, la lecture des copies, leur annotation, la saisie des notes demanderont des heures et des heures, pour le ministre de la réforme, tout cela ne vaut rien. La rémunération prévue sera inférieure au SMIC horaire. C’est dire la considération que le ministre porte au travail de ses professeurs qu’il dit vouloir valoriser.

Une réforme rejetée par les personnels
Les E3C ont commencé et c’est un rejet massif. Aucun texte officiel n’a encore été publié sur la rémunération de ce travail supplémentaire exigé des personnels, comme s’ils ne comptaient guère aux yeux du ministre. La seule réponse officielle, c’est la répression vis-à-vis des personnels qui bloquent les E3C pour rétablir un baccalauréat national terminal et ses épreuves.

Les personnels ne peuvent supporter une nouvelle preuve de mépris après le passage en force d’une réforme rejetée par la majorité des personnels et des organisations syndicales. On voudrait nous faire accepter une indemnité qui aurait un caractère « exceptionnel » c’est-à-dire qu’elle n’est prévue que pour l’année scolaire 2019–2020.La colère est là.

Des primes contre les pensions
Le ministre supprime une rémunération. Et, dans le même temps, il annonce que les indemnités des enseignants vont être augmentées pour compenser, du moins en partie, les pertes énormes de pension qu’entraînerait pour les enseignants l’instauration d’un régime universel de retraite par points.

L’absence de rétribution pour les E3C en 2020 montre ce qu’il faut penser des promesses de revalorisation et du combat légitime contre les E3C.

Loin de désamorcer les critiques des personnels contre la réforme du lycée, la maigre rémunération prévue pour les E3C les confirme dans leur opposition.
Le baccalauréat Blanquer qui devait être un « baccalauréat musclé », n’est qu’un sous-baccalauréat, un baccalauréat au rabais aux yeux mêmes de ses concepteurs puisqu’il ne donnera lieu qu’à une rétribution dévaluée et provisoire pour les correcteurs et les organisateurs.

Combattant cette dépréciation du diplôme, la FNEC FP-FO revendique le retour à un baccalauréat constitué d’épreuves nationales, disciplinaires, anonymes et terminales. La réalité des concertations ministérielles que le ministre entend valider, c’est modifier nos missions, nos horaires, notre statut, notre retraite et nos pensions.

La FNEC FP-FO n’accepte pas ce marché de dupes.

Pour lire le communiqué en version PDF.

La FNEC FP-FO a quitté la séance lors du Conseil Supérieur de l’Education du 23 janvier.

Après 50 jours de mobilisation dont plus d’un mois de grève pour des milliers de personnels de l’éducation nationale, dans un contexte où les personnels se mobilisent dans des centaines d’établissement pour l’abandon des E3C et le retrait de la réforme Blanquer du baccalauréat et du lycée, dans un contexte où le gouvernement et le ministre Blanquer répondent par la répression, la menace et les sanctions, le directeur général de l’enseignement scolaire persiste et signe.

La réponse de celui-ci aux revendications des personnels est incompréhensible.

Cette réponse, c’est celle d’une administration sourde et aveugle, qui n’a plus d’autre recours pour vendre sa soupe empoisonnée que la répression et un discours qui incrimine et qui menace.

Sans répondre sur le fond, c’est-à-dire le démantèlement du baccalauréat national, la rupture d’égalité que représentent les E3C, sans parler des conditions de travail impossibles pour l’ensemble des personnels, M. Geffray déclare :

« Dans l’immense majorité, elles se déroulent sans difficultés particulières, je parle du point de vue des élèves. Dans une petite minorité, très très petite minorité d’établissements, il y a deux types de comportements. La grève légitime, c’est un droit constitutionnel, et des comportements fautifs, d’un point de vue pénal et disciplinaire. (…) quand des collègues dégradent, que ce soit les textes symboliques comme La Déclaration des droits de l’homme (…)

Ces comportements sont des comportements fautifs qui portent atteinte à l’image des professeurs et de l’ensemble de la profession et qui malheureusement et tristement pénalisent les élèves.


Moi je rencontre depuis des semaines des acteurs qui évoquent la pression qui pèse sur les élèves et on est tous d’accord pour dire que le but des E3C et des contrôles en général c’est de faire baisser la pression : que les élèves aillent dans leur établissement habituel, qu’ils passent sur 1h30, 2h. C’est quand même ça. On est là pour eux. Pour eux.
Or moi aujourd’hui, les principaux cas de pression que j’observe au sens de stress sont chez les élèves qui arrivent à 7h du matin, dans la nuit, et qui tombent sur une horde de gens qui hurlent et qui les conspuent parce qu’ils osent aller passer le baccalauréat (…) »

C’est à ce moment-là que FO, avec la FSU, a décidé de quitter la salle.

Pour lire le communiqué en intégralité.

Mur des revendications 220120 2
Rectorat 22/01/2020

Ce mercredi après-midi, près d’une centaine de personnes étaient présentes devant le rectorat.

Une fois de plus, le but était de marquer notre opposition à la réforme des retraites, à la réforme du baccalauréat et aux fermetures de postes.

Mur des revendications 220120 3

Les organisations syndicales du Puy de Dôme CGT, FO, Solidaires, FSU et UNEF apportent leur total soutien à l’action des personnels de l’Education Nationale et des lycéens mobilisés à la fois contre la réforme des retraites et contre la mise en oeuvre de la réforme du Bac.


Pour les organisations syndicales du Puy de Dôme CGT, FO, Solidaires, FSU et UNEF, les propos du Ministre BLANQUER suite à l’annulation des épreuves des E3C au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand sont inacceptables !


Ni les menaces, ni la répression, sous quelque forme que ce soit,
ne sont une réponse aux revendications et aux préoccupations
des travailleurs et des jeunes !


La seule réponse, c’est le retrait de la réforme sur les retraites…
C’est l’abandon de la mise en oeuvre de la réforme du bac !
[…]

Pour lire le communiqué en intégralité.

Mercredi 22 janvier
- 13h30 : action « Ils ne verront plus le soleil » devant le rectorat de Clermont-Ferrand (Avenue Vercingétorix). Objectif : boucher les grilles avec nos revendications. Apportez vos cartons pour inscrire vos slogans.

Jeudi 23 janvier
 17h30 : retraite aux flambeaux dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale nationale. Départ Place Henri Dunant (CHU Montpied), descente du viaduc St-Jacques et arrivée Place de Jaude – Préfecture.

Vendredi 24 janvier
 10h30 : manifestation interprofessionnelle toujours dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale nationale. RDV devant les facs sur le carrefour du Jardin Lecoq à Clermont-Ferrand (croisement Cours Sablon – Boulevard Mitterrand – Boulevard Gergovia – Cours Poincaré). Jour de présentation du projet de loi sur les retraites en Conseil des ministres.

E3C aux oubliettes Colm

Depuis des semaines, aux côtés des salariés de tous les secteurs, par la grève, les professeurs se battent contre l’individualisation des carrières et des salaires qu’imposerait la réforme Macron/Philippe de la retraite par points.

Depuis des semaines les professeurs sont confrontés au casse-tête des E3C qui individualisent les épreuves du baccalauréat et détruisent la valeur nationale de cet examen. Dans des centaines de lycées en France, les personnels en AG prennent position et décident le blocage des E3C par la grève et les rassemblements. Les initiatives récentes (occupations de rectorats / les piquets de grève devant les lycées / la reconduction de la grève…) illustrent la détermination de tous les personnels, dans la continuité de la mobilisation contre la retraite par points.

La mobilisation contre les E3C, pour l’abrogation des réformes Blanquer est partie prenante de la mobilisation actuelle contre la réforme des retraites. Face à cela, le ministre affiche un mépris insupportable.

Affirmant que tout cela « ça se passe très normalement » et « qu’il y a toujours une petite minorité qui est très vocale », le ministre oublie que la réforme du lycée et du baccalauréat ont été rejetées par la majorité des organisations syndicales (décret rejeté par 40 voix contre et 19 pour UNSA et SNALC) […].

Pour lire le communiqué du SNFOLC en intégralité.