La campagne 2020 d’accès à l’échelon spécial des professeurs de chaires supérieures n’est pas achevée, mais l’on sait déjà qu’elle ne corrigera pas les injustices de la réforme PPCR.

L’excellence professionnelle
Le corps des professeurs de chaires supérieures a été créé en 1968 par Georges Pompidou, ancien professeur de lettres supérieures au lycée Henri IV, dans le but de reconnaître le haut degré d’exigence de l’enseignement en classes préparatoires aux grandes écoles.

Ouvert par liste d’aptitude aux professeurs agrégés ayant atteint au moins le 6e échelon de la classe normale ou ayant accédé à la hors-classe, ce corps a vocation, de l’aveu même de l’Inspection Générale, à reconnaître l’excellence pédagogique et scientifique.

Il donne droit à une échelle de rémunération équivalente à celle de la hors-classe et de la classe exceptionnelle des professeurs agrégés.

Le déclassement financier
Pourtant la réforme PPCR est venue bouleverser l’équilibre existant : les professeurs de chaires supérieures ont pratiquement 10 fois moins de chances d’accéder à la HEB (par promotion à l’échelon spécial) que leurs collègues agrégés exerçant en CPGE (par avancement à la classe exceptionnelle).

Cette situation n’est pas acceptable. Le corps de débouché (professeurs de chaires supérieures) ne peut pas offrir de moins bonnes perspectives de rémunération que le corps d’entrée (professeurs agrégés).

Les revendications du SNFOLC

Pour lutter contre la perte d’attractivité des chaires supérieures, le SNFOLC demande :

  • que l’accès au corps soit désormais ouvert aux professeurs agrégés de classe exceptionnelle ayant « assuré pendant au moins deux années scolaires, dans une classe préparatoire aux grandes écoles, un service hebdomadaire de cinq heures dans une même division ou de six heures réparties sur plusieurs divisions, deux de ces divisions au moins correspondant à des programmes d’enseignement différents »
  • que la durée de séjour à l’échelon 5 ne soit pas supérieure à celle de l’échelon 3 de la hors-classe des professeurs agrégés
  • que l’avancement à l’échelon spécial ne soit plus contingenté et se fasse automatiquement après trois ans d’ancienneté dans le 6e échelon.

*HEB : Hors Echelle B

Pour consulter les tableaux de promouvables et promus…

Vous trouverez en fin d’article, la déclaration lue par la FNEC-FP-FO 63 lors du « Groupe d’Appui Départemental » (GAD) de mise en oeuvre des 2S2C qui a eu lieu ce lundi.

Nous avons pris la parole pour décrier ce dispositif qui dynamite le cadre de l’école républicaine et le statut des personnels. Nous avons fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur nous pour « appuyer » ce dispositif et que nous ne reviendrons plus dans ce genre de réunions. 

Nous avons fait une demande d’un Comité Technique Spécial Départemental (CTSD) pour traiter de ce dispositif dans un cadre réglementaire, ce que l’IA-DASEN a accepté. Il fera son possible pour que cette instance se tienne en présentiel.

Résumé de la réunion :

En plus des syndicats représentatifs FO, UNSA et SNUIPP, participaient à cette réunion des membres de la DSDEN et de très nombreuses associations diverses (UFCV, FCPE, l’AEROVEN, CRAP, CNFPT, USEP, OCCE…) mais aussi la CAF ou bien encore le collectif des maires ruraux. 

L’objectif du GAD était clair : faciliter les signatures de conventions entre communes et associations « partenaires » de l’école !

Dans le 63 :
- 9 communes ont déjà signé une convention (Ceyrat, Chamalières, Bourboule, Roche Blanche, Parent, RPI Pérignat-es-Allier, St Genès Champanelle, St Saturnin, Thuret).
- 10 autres sont à l’étude (dont Clermont-Ferrand, Marsat, Murol, Thiers, Pontaumur, St Babel, Pérignat les Sarliève, Saint-Nectaire).

Pour la rentrée de septembre, la DSDEN dit ne pas savoir comment se projeter (en fonction du protocole) et certaines associations également. Le DASEN reconnaît d’ailleurs à demi-mot que si ce dispositif était prolongé, on assisterait à une nouvelle vision de l’école…

Hormis notre intervention, une seule intervenante (une maire) a fait part de ses craintes sur l’inégalité engendrée entre les communes. Les autres sont tombés dans la co-gestion.

Pas réellement de nouvelles infos, le but de cette réunion était avant tout de recenser les difficultés rencontrées par les associations pour la mise en place sur le terrain.

Les 2S2C concernent prioritairement le 1er degré mais le 2nd degré sera aussi bel et bien impacté, et pas seulement en EPS, arts plastiques, éducation musicale et EMC. Toutes les disciplines peuvent être concernées. La convention-type évoque, en effet, également les activités scientifiques, numériques, environnementales ou encore éco-citoyennes sur le temps scolaire.

Ce dispositif 2S2C doit donc être retiré dans les plus brefs délais !

Pour lire la déclaration de la FNEC-FP FO lors du GAD du 08/06/2020…

Dans les déclarations et interventions liminaires, FO a été la seule organisation syndicale à
condamner l’état d’urgence, les mesures d’exception, la territorialisation de l’école, le projet de loi qui avance vers un statut de directeur d’école et la mise en place d’écoles autonomes (cf. déclaration ci-dessous). A noter l’intervention de plusieurs OS pour demander que les protocoles soient respectés, et qu’un bilan de la réouverture soit fait rapidement, en vue d’une concertation sur la rentrée scolaire.

  • Compte-rendu détaillé
    - ASA
    - 2S2C
    - Voeu sur les concours internes
    - Vœu demandant le retrait des textes sur la masterisation de l’ODJ de ce CTMEN
    - Vœu sur Jeunesse et Sports
    - I. Décret portant diverses dispositions relatives au Service National Universel (SNU)
    - II. Décret relatif aux modalités de recrutement à Mayotte des professeurs certifiés
    - III. Arrêté modifiant l’arrêté du 27 août 2013 modifie fixant le cadre national des formations dispensées au sein des masters « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation ») et décret modifiant les conditions de candidature aux concours externes et les conditions de nomination en qualité de fonctionnaires stagiaires des lauréats de ces concours (place des concours en fin de M2)

Dessin de Colm

L’école du jour d’après, pour le ministre, c’est moins d’école
et moins d’instruction !

Des conditions de reprises inacceptables

Alors que le Covid-19 frappe encore, le Président Macron, le gouvernement Philippe et le ministre Blanquer poursuivent à marche forcée, au mépris de la santé des personnels
et des élèves, la réouverture des établissements scolaires pour satisfaire aux injonctions économiques.

Les P.EPS paient cette réouverture au prix fort en étant privés de l’accès aux installations sportives et au matériel individuel alors que les élèves auraient pu les utiliser.

Placés de fait dans l’impossibilité d’exercer leur enseignement, ils se retrouvent contraints d’exercer des missions d’encadrement diverses, de faire de l’AP, de surveiller la cours de récréation, les repas…

Au nom de l’état d’urgence, leur statut est oublié et nié. De nouvelles tâches leur sont imposées. Pour FO, c’est clair, les P.EPS ne doivent pas devenir les animateurs de la nouvelle école Blanquer !

Un statut de plus en plus menacé avec la mise en place des 2S2C

Le protocole « sport, santé, culture et civisme » (2S2C) doit permettre « d’assurer localement l’accueil des élèves sur le temps scolaire par d’autres intervenants que leurs professeurs en proposant d’encadrer une activité physique et sportive. » Le ministre profite de la crise sanitaire pour mettre en place son projet déjà annoncé en février 2019 « d’aménager le temps scolaire en partenariat avec le ministère des sports ».

Le rapport de la Cour des comptes du 12 septembre 2019 indiquait « L’enseignement de l’EPS, qui mobilise 4 milliards d’euros et 37 000 enseignants, est le premier poste de dépenses de l’État en matière sportive. » Remplacer les professeurs d’EPS titulaires recrutés à bac + 5 par des éducateurs sportifs recrutés au niveau bac, voire « des personnes bénévoles (parents,…) », obéit à une logique budgétaire évidente d’économie au détriment de l’instruction et de l’Ecole républicaine.

Dans la continuité de la mise en place des activités périscolaires dans le premier degré, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, « chaque GAD (Groupe d’Appui Départemental) est chargé de recenser les clubs et les activités proposés, afin de consolider et d’amplifier les liens
entre l’école et les clubs sportifs fédérés à plus long terme, conformément à l’objectif affiché par le mouvement sportif, Paris 2024 et l’Etat dans le cadre du plan “Héritage“ des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. » Ce protocole a vocation à perdurer dans le temps !

La territorialisation de l’école, c’est ça le « nouveau système » Blanquer dès la rentrée de septembre 2020. Ce protocole arrive dans le cadre de la suppression de plus d’une centaine de postes d’EPS à la rentrée 2020 qui viennent s’ajouter aux 400 postes supprimés sur les trois dernières années alors que le nombre d’élèves augmente ! Le ministre, avec ce protocole 2S2C va plus loin encore que l’emploi généralisé de contractuels. Il veut totalement externaliser l’EPS.

En ligne de mire depuis des années, le forfait UNSS de 3h intégré au service des PEPS est directement menacé. Et d’ailleurs, le ministre ne s’en cache même pas lors de son intervention au Sénat le 19 mai : « Nous avons à imaginer cette école nouvelle », « Premières pistes : une place plus importante du sport et de la culture, une juste place pour le numérique, une nouvelle organisation du temps ». CQFD !

Le SNFOLC le répète, nos revendications ne sont pas confinées ! C’est pourquoi il exige :
- le retrait du protocole 2S2C
- le respect des statuts et de la discipline de recrutement
- l’annulation des suppressions de postes et la création des postes nécessaires
- le maintien du forfait UNSS de 3h intégré au service des PEPS, des moyens suffisants pour les installations sportives et les moyens matériels pour les PEPS.

Communiqué SNFOLC du 20 mai 2020 au format PDF…

Ce CTM avait pour ordre du jour, la présentation des décrets et arrêtés sur la rémunération des E3C et la création d’un concours spécifique pour les certifiés en Guyane.

I. Projet de décret et arrêtés sur la rémunération des E3C

Vote sur le projet de décret sur la rémunération des E3C
Pour : personne
Contre : CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA, SNALC
NPPV : SGEN-CFDT

II. Projet de décret portant création d’un concours de recrutement à affectation locale en Guyane des professeurs certifiés

Vote sur décret portant création d’un concours de recrutement à affectation locale en Guyane des professeurs certifiés
Contre : FSU, FO, SNALC, CGT
Pour : UNSA, CFDT

Pour lire le compte-rendu en intégralité…

Dessin de Colm

La réforme dite de la formation des enseignants continue d’avancer à marche forcée. Si le ministre Blanquer concède que les maquettes de M1 puissent être rectifiées jusqu’en septembre 2021, il confirme, avec la ministre Vidal, lors de l’inauguration en grande pompe le 30 janvier du « comité de suivi INSPE » une modification radicale des concours.

Savoirs disciplinaires ou entretien d’embauche ?
Une seule des deux épreuves écrites pour les CAPES comme pour les autres concours (CAPEPS, CAPLP) serait disciplinaire, alors même que le coefficient des épreuves écrites d’admissibilité est encore réduit (1/3, contre 40 % actuellement). La deuxième des deux épreuves orales s’apparente toujours à un entretien d’embauche où seraient testées la « motivation » du candidat et son adéquation aux attentes de l’institution.

Des étudiants, contractuels et « bouche-trous »
Les ministres décident un rythme rapide d’application de cette réforme avec de lourdes conséquences pour les futurs personnels, aujourd’hui étudiants :
– Entrée en vigueur de la réforme dès 2020–21.
– Stages tout au long du M1.
– Passage des épreuves d’admissibilité et d’admission du concours en 2ème semestre de M2.
– Embauche des étudiants préparant les concours comme contractuels à tiers-temps pendant leur année de M2.
– Report de l’année de fonctionnaire stagiaire après le M2, les enseignants fonctionnaires stagiaires (post M2) étant à 100 % de temps d’enseignement.

Comme les M2 (sous-payés), les M1 (non payés) pourront être utilisés pour faire face aux besoins de remplacement.
Et le ministre d’oser avancer, le 30 janvier, que son souci est le « bien-être au travail », la « revalorisation » très forte des professeurs, et l’attractivité des concours, avec des INSPE qui doivent être « les meilleures écoles de préparation au professorat au monde. » Tout cela en application de la loi de l’ « École de la confiance » et de la retraite universelle par points… FO n’est pas dupe ! […]

Pour lire la suite du communiqué FNEC du 4 février…

Quasiment aucun recours n’a été accepté par le rectorat !

Dessin de Colm

La CAPA Certifiés de recours PPCR sur les avis PPCR au 6e, 8e et 9e a eu lieu ce lundi 3 février 2020 de 9H à 11H.

515 RDV de carrière ont eu lieu chez les certifiés en 2018–2019.

Il y a eu 73 recours effectués dont 61 en CAPA et 55 au titre du 9e échelon (avis pérennes pour la hors classe).

Sur tous ces recours, le rectorat a refusé de réajuster le tir et de réévaluer des avis injustifiés. Seuls 9 cas ont été réévalués et cela a été obtenu aux forceps sur des situations évidentes d’injustice. Beaucoup de collègues ont de très bons avis, mais par le jeu de PPCR ils ne sont au final évalués que « très satisfaisant » ou « satisfaisant ». Certains même qui ont 11 items « excellent » ont un avis « très satisfaisant » ou « satisfaisant ».

La réalité de PPCR apparaît telle qu’elle est : avec le système des quotas (par échelon, par discipline et par genre), les promotions sont extrêmement réduites. Il n” y a aucun mérite reconnu, juste un mécanisme de limitation des promotions qui fait qu’au final la masse des personnels avance à l’ancienneté et considère la hors-classe comme un mirage lointain. Beaucoup de personnels ont renoncé à faire des recours tant la démarche est complexe et le calendrier précis.

Bref, au final, les consignes du ministère sont claires : il faut limiter les promotions et allonger les carrières.

Le message a été encore plus clair lors de la CAPA des PLP : le rectorat a indiqué qu’il n’y aurait aucun recours accepté. Les élus du personnels ont quitté la salle.

Réduction des promotions, difficile accès à la hors-classe, allongement des carrières, pas de revalorisation salariale, pas de hausse du point d’indice, réforme des retraites : on se demande où nous mène le Ministre Blanquer… si ce n’est vers une paupérisation de nos professions…

FO a rappelé son opposition à PPCR, n’est pas surpris du désastre salarial qu’il entraîne et a demandé un retour à une évaluation chiffrée et à des recours simples en CAPA.

Pour lire la déclaration de FO…